Vous êtes bien sur la messagerie de…
S’il y a bien une chose qu’on n’a pas dite de moi depuis mes 8 ans, c’est que je sois introvertie.
On m’a jugée à l’aise avec la répartie, l’écrit, mais jamais avec l’introversion.
Et pourtant…
Régulièrement, j’atteins ma jauge maximale en termes d’interactions sociales, très régulièrement… trop, diront certains.
Mais j’ai réalisé récemment que l’introversion, c’est juste une question de plafond d’énergie : je ne disparais pas, je ferme provisoirement la porte.
Je coupe le son.
Et je remets le son.
Aujourd’hui, je sais que ce n’est pas un trait de personnalité, c’est un mécanisme de survie.
Je ne suis pas distante, je suis juste en train de faire des additions.
Le manque d’argent fatigue les nerfs et rend économe en paroles (même quand elles n’ont rien à voir).
Parfois, je vois le nom s’afficher sur l’écran, je mets en silencieux et je pose le téléphone loin de moi.
Et je fais ça même avec les personnes les plus proches.
C’est juste que je n’ai plus de place.
Un appel, c’est un « alors, quoi de neuf ? » et cette question me donne le vertige.
Parce qu’il n’y a pas grand-chose de neuf, justement.
Si je ne réponds pas, ce n’est absolument pas du mépris, c’est de l’économie d’énergie.
C’est aussi pour ça que je préfère l’écrit : je m’y pose quand j’ai un vrai temps disponible, quand mon cerveau a arrêté de faire des calculs et de se poser des questions sans avoir de réponses (l’idiot…).
Je suis stupéfaite de voir comme mes amies n’ont jamais transformé mon silence en reproche.
Elles n’exigent pas de justification.
Elles savent.
Même après plusieurs semaines de silence, on reprend au milieu d’une phrase, sans que rien n’ait changé.
Je n’ai pas réglé pour autant tous mes questionnements, et elles non plus (pardonnez mon monologue, je sais qu’on est beaucoup dans ce même cas, je ne suis pas une exception. Mais enfin bon, comme c’est ma newsletter, je viens chouiner si je veux).
J’ai mis du temps à comprendre que ce silence pouvait inquiéter.
Égoïste, oui.
Je pensais faire ça proprement, mais on ne « disparaît » jamais proprement.
Alors maintenant, je préviens parfois : « Je suis saturée. BisouBisou »
C’est moins poétique que « Je médite », mais vachement plus honnête.
Je suis cycliquement, financièrement et nerveusement introvertie.
Le reste du temps, je réponds au téléphone.
Et je nous souhaite des amies patientes, un compte en banque qui déborde et des hormones coopératives.