Eux
Amoureuse des livres, des chevaux et des premiers qui parlent des seconds. Le plus souvent les pieds sur terre, le nez dans un bouquin, régulièrement les fesses en selle et parfois le tout dans le sable…à défaut d’avoir une excellente assiette, elle a de bonnes lunettes…. Je ne compte plus mes souvenirs liés à eux, celui de s’arrêter dès que nous croisions des chevaux dans un pré, celui de l’odeur de l’animal, des écuries ou du cuir, celui de mes envies, mes peurs, mes victoires, mon égo (qui soit dit en passant ne sert à rien avec les chevaux, mis à part mettre pied (ou autre) à terre plus vite que prévu), mes échecs, mes larmes et mes rires.
Je me souviens précisément du jour où je me suis retrouvée pour la première fois sur le dos de l’un d’entre eux. 5 ans, mes cheveux réunis en une couette s’envolant au rythme du trot d’un grand cheval noir et figée en l’air par une photo malheureusement égarée depuis… Un coup de foudre ou un coup de poing. Prémices d’une histoire aussi mouvementée que merveilleuse.
Puis les centres équestres, les chutes, les passages de Galops, les chutes, les stages pendant les vacances, les chutes, etc…et ce sentiment de n’être ni à la bonne place ni à la hauteur (notez le jeu de mots subtil avec le fait de manger régulièrement le sable de la carrière). Pas la bonne tenue, pas la copine des cavalières du club, pas le goût de la compétition, un peu timide, carrément trouillarde, j’ai nommé : le boulet de la reprise du samedi ! J’étais de celles qui préfèrent trainer leurs guêtres dans l’écurie plutôt que passer une heure à (tenter d’) enchainer les barres. Celles qui aiment les chevaux avant d’aimer l’équitation. Et que ça arrange bien vu le niveau…
Il m’a fallu attendre 20 ans pour laisser tomber mon ego, pour accepter de tout recommencer à zéro.
J’ai retrouvé la reprise du samedi, j’ai goûté a nouveau le sable du manège, mais je m’autorise à traîner mes guêtres pendant des heures dans l’écurie…
Rien n’aura raison de cette idylle et, faute de n’avoir su persévérer pour tracer le parcours équestre de mes rêves, j’ai continué à les côtoyer, les observer, à essayer de les comprendre, à les regarder à travers ceux qui les filment et à les lire grâce à ceux qui les écrivent.
Toujours avec cette petite différence, celle que ressentent peut-être les autres timides, trouillards, boulets du cours du samedi, qui comme moi ne savent pas bien maîtriser leurs émotions et préfèrent le silence de l’écrit à l’oral et son flot de mots (parfois mal maîtrisés).