Pourquoi j’ai renoncé à avoir mon cheval
(mais j’en rêve encore, mais en fait non, mais si, mais bof)
Elle s’appellerait Kentucky.
Ce serait, dans l’idéal absolu, une jument quarter horse noir ébène et je la cherchais quasi quotidiennement dans les annonces de Cheval Magazine.
Côté logistique, tout me semblait parfaitement gérable.
Mes parents paieraient.
Moi, je travaillerais en gagnant 10 francs par-ci par-là.
Et Kenny vivrait dans le cabanon au fond du jardin, puisque des voisins avaient dit que c’était une ancienne écurie.
Superficie du jardin : 60 m².
Parfait.
À l’époque, je connaissais des filles qui avaient eu un poney pour Noël.
Un poney seul, tout seul, dont personne ne connaissait vraiment les besoins propres à son espèce, mais un poney quand même.
La chance.
Moi, mes parents, ils disaient non.
Super, vis ton enfance en enfer.
Avec le recul: ils ont tellement bien fait.
J’ai passé les années suivantes à me dire que je toucherais enfin mon rêve du doigt à 30 ans.
Puis à 35.
Puis à 40.
Et puis j’ai eu 40 ans.
Non seulement mon compte bancaire n’est pas particulièrement chaud sur tout ce qui concerne le « budget », mais j’ai aussi un peu avancé dans ma réflexion.
Déjà, si un équidé rejoint un jour ma famille, je préférerais qu’il s’appelle autrement.
Après, on ne juge pas. Mais quand même.
Ensuite, il y a ce besoin très clair de calme, de tranquillité, de sérénité.
Trois concepts qui me semblent désormais assez éloignés du projet “un cheval dans mon jardin” tel que je l’avais fantasmé en feuilletant C.M.
Et évidemment, il est hors de question d’avoir un cheval tout seul et…détail important: j’aime les chevaux lourds.
Je suis née en 1985.
J’ai aimé les chevaux à la seconde même où je les ai rencontrés.
Nous sommes en janvier 2026.
Je ne sais pas dans quelle mesure ce rêve d’enfant se réalisera un jour.
Mais force est de constater que la quarantaine est, contre toute attente, une décennie de sagesse.
Ou au minimum, une décennie où l’on commence à distinguer les rêves qu’on peut vraiment vivre de ceux qu’on aime surtout garder intactes, quelque part, dans un coin de la tête et du coeur (le temps d’être riche quoi).