La focaccia des origines italiennes que je n’ai pas
Quand on est seule, pas spécialement riche (pas du tout), aimer cuisiner aide beaucoup.
Parce que sinon, ce serait des pâtes. Encore et toujours.
Et même si on ne peut pas leur enlever qu’elles soient rarement décevantes, elles finissent par te regarder avec lassitude, comme ton ex.
Il y a ce truc un peu têtu aussi: même sans budget, on peut encore vouloir que ce soit bon.
Pas spectaculaire.
Pas instagrammable (mais je partage quand même, on a dit qu’ici on aimait les choses vraies.)
Juste bon.
Cuisiner devient un petit acte de résistance.
Faire quelque chose de simple mais avec du goût.
C’est comme ça qu’entre dans ta vie la focaccia inspirée des origines italiennes que je n’ai pas.
Je n’ai jamais mis les pieds dans un village italien avec une nonna qui regarde ma pâte molle et collante en me jugeant.
Mais j’ai vu des photos et j’ai de l’huile d’olive.
Donc quelque part, ça compte.
Il faut de la farine, de l’eau, de la levure.
De l’huile d’olive versée avec exagération.
On pétrit vite fait, pas pour la beauté du geste, pour que ça ressemble vaguement à une pâte.
On attend.
On oublie.
Un peu.
Plus que prévu.
Puis on enfonce les doigts dedans.
Pour que ça fasse ploc ploc.
C’est le moment où tu te sens compétente (et on sait que ces moments-là sont précieux)
Du romarin s’il y en a.
Du sel s’il y en a.
Non.
Du sel.
Toujours du sel. On a déjà assez de regrets comme ça.
Le four chauffe.
La cuisine commence à sentir quelque chose de très sérieux.
Une odeur qui te fait croire que tout va bien et qu’il fait beau et que personne ne va te demander un justificatif de revenus que tu n’as pas.
Quantités approximatives (si tu as très faim ou si tu as d’autres personnes dans ton entourage qui ont faim et que tu as l’obligation légale de les nourrir)
– Environ 500 g de farine
– Environ 350 ml d’eau tiède
– 1 sachet de levure boulangère sèche (ou 20 g de fraîche)
– 1 bonne cuillère à café de sel (non, vraiment, stp, du sel)
– Huile d’olive, sans mesurer, mais tu peux y aller
– Romarin si tu en as
On mélange tout (sauf le sel au début si tu es pointilleux, sinon tant pis).
La pâte collante c’est normal, tout est OK jusqu’ici.
On laisse lever jusqu’à ce que ça double, ou presque, ou quand on y pense. Mais pas dans trois jours non plus.
Four 220°C, chaleur statique.
On enfourne 20 à 25 minutes, jusqu’à ce que ce soit bien doré et que ça sente très bon dans toute la maison.
À manger chaud, tiède, ou froid. Debout dans la cuisine recommandé. A partager si t’es quelqu’un de sympa, mais ne te pose pas trop de questions non plus.
(Je précise, encore et toujours: c’est une inspiration, je ne cherche pas la perfection je cherche le plaisir. Même si ce PainPlat est clairement la perfection à mes yeux, et à mes papilles)